Un blog entièrement consacré au corps, à la façon qu'il a de s'exprimer à travers la danse en particulier depuis toujours.
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Plusieurs enseignants pensent que pour former un danseur, c’est avant tout le tourner vers la réalité, le rendre conscient de lui-même et des forces obscures qui l’habitent. Il s’agit donc au danseur de se regarder sous un autre angle et, tout comme un peintre avec son tableau, ou encore un sculpteur de son œuvre, il doit avoir une vision extérieure de sa propre personne, de ce qu’il a fait lui-même de lui, la façon dont il s’est créé, dont il a travaillé sur lui-même, sur sa personnalité.
On peut en effet faire une comparaison entre l’homme artiste et ce qu’il fait de lui-même en se dédoublant pour s’auto visionner et pouvoir améliorer l’œuvre de sa vie qui n’est autre que lui-même. On aborde alors le sujet de la psychanalyse, où le danseur doit complètement s’offrir à lui-même, et où il doit apprendre à se connaître pour être un vrai et bon danseur.
Quelqu’un qui pratique de la danse, et qui joue avec sa propre personnalité, en se présentant de manières différentes selon son entourage, ne pourra jamais être un bon danseur. En jouant avec ces différentes facettes de lui-même, il finit par oublier qui il est vraiment, or un danseur doit se mettre à nu lorsqu’il danse sur scène par exemple. C’est donc pour moi cette énorme différence psychique qui peut caractériser le bon du mauvais danseur.
La danse est un art qui joint plusieurs domaines, mais qui demande aussi une grande part de réflexion et de travail au danseur, que cela soit psychique ou physique. Le danseur parle avec son corps, tout comme l’ensemble des hommes se servent de leur voix pour dialoguer. Les perroquets parlent eux aussi, malheureusement, ce n’est pas vraiment le verbe « parler » qui est le mieux approprié puisqu’ils ne font que répéter. Et bien c’est pareil pour le danseur, un danseur qui exécute des gestes sans ajouter au mouvement une intention, un élan artistique profond, le danseur ne devient alors qu’un simple perroquet qui répète sans comprendre.
De nombreuses personnalités importantes dans le monde de la danse telle que Marta Graham, s’aident énormément du mouvement psychanalytique dans la danse, et sa recherche du mouvement. Tout comme l’homme se sert de la parole pour s’exprimer de manière compréhensible, le danseur se sert de son corps et du mouvement, il faut alors que ces gestes soient précis, compréhensibles et aient une signification.
D’autres méthodes sont employées pour former un danseur, par exemple pour Mary Wigman l’un des moyens qu’elle se donne est de travailler sur la « transe » et ses ondulations répétitives qui l’y préparent. En état de transe le corps et l’esprit sont liés à un moment de déraison où seule une pulsation régulière ou un mouvement répétitif sont maîtres. C’est donc la relation rythme+ corps qui fait dépasser le mental.
Le danseur adopte le rythme, et l’imprègne dans tout son corps tel un jet de couleur énergisant. Il n’a alors plus besoin de musique pour danser puisqu’il se crée lui-même sa propre musique intérieure laissant son cœur battre la pulsation. Nous pouvons d’ailleurs constater que le rythme est tenu uniquement pas des battements de pied dans la chorégraphie de Mary Wigman dans « Hexten-tanz ».